Merci à Bruno Patino (#brunopatino), président d’Arte et auteur de Submersion, d’avoir mis en mots ce qui menace aujourd’hui un nombre croissant de dirigeants, au-delà et en deçà de l’usage des écrans, dont il décrit les ravages sur nos vies, leur manière de nous priver de désir et d’accroître notre fatigue.
Le champ sémantique de la « submersion » occupe en effet une grande place lors de nos rencontres, avec sa cohorte de verbes synonymes : surcharger, noyer, obséder, envahir, miner, etc.
Le dictionnaire précise : « fait d’être débordé par l’ampleur d’une tâche, de ne plus pouvoir maîtriser, ce qui est en quantité, en abondance ». C’est bien de cela qu’il s’agit dans bon nombre d’entreprises.
Le métier de dirigeant requiert souvent de décider, dit-on, mais comment faire quand les mels, les réunions, les appels… s’accumulent. Que faire ?
Qu’ils me pardonnent de les taquiner ici, mais je ne peux pas m’en empêcher…Pour échapper à cette submersion, quand la méditation ne suffit plus, ils et elles sont de plus en plus nombreux à se tourner vers le jeûne, très en vogue : un séjour de 10 jours, sans téléphone ni ordinateur, dans une somptueuse clinique outre-Rhin ou dans un gîte en Bretagne, selon ses goûts et ses moyens. Le plus surprenant est leur satisfaction au retour, indéniable, avouons-le !
Il y a mieux, depuis peu : le jeûne avec randonnée quotidienne, performance oblige, une merveille dit-on… Rêve ou cauchemar ???
Raisonnons un instant : le trop-plein est tel qu’on se tourne vers le trop-vide, le rien. La vidange de la batterie s’impose… et hop, je passe de la submersion à l’inanition en quelques jours. Je me sens mieux et le cycle recommence. Les Sisyphe reprennent du service.
La lecture de Bruno Patino offre quelques issues moins radicales dans la dernière partie, à lire peut-être ?
